**InFoS**
L'année dernière, l'histoire avait retenu que Rafael Nadal et Roger Federer étaient les premiers hommes depuis 1952 à disputer les finales de Roland Garros et Wimbledon la même année. Puisque les deux meilleurs joueurs du monde se plaisent à réécrire l'histoire du tennis contemporain, ils ont remis ça pour cette 121e édition du Grand Chelem britannique. Avec un scénario différent mais un dénouement identique. Le Suisse, déjà titré quatre fois au All England Club, a coiffé une cinquième couronne à l'issue d'une partie à grand suspense et rejoint du même coup le grand Björn Borg, sacré de 1976 à 1980.
Nadal prend son temps
Dans des conditions climatiques enfin excellentes, le numéro 1 mondial n'a pas tardé à entrer dans son match. Malgré des retours flottants, il a vite mis en difficultés son adversaire, ballotté par son revers croisé incroyable. Le premier break avalé (3/0), après un jeu de relance durant dix bonnes minutes remporté sur une énorme faute de Nadal, le Bâlois a ensuite été contrarié. Perturbé par une réaction d'orgueil de Nadal et des coups de défense en bout de course, il se faisait transpercer à chacune de ses venues au filet (3/3). Les deux joueurs ne lâchaient alors plus leurs mises en jeux et le tie-break était inévitable. Très efficace dans ce domaine, le tenant du titre continuait d'être aussi agressif et cet acharnement payait sur sa cinquième balle de premier set (7/6, 9 points à 7).
Federer baisse la tête
Déjà mené au score par deux fois dans cette 121e édition du tournoi, Nadal ne décrochait pas aussi facilement. En claquant son premier ace de la partie, il s'installait en tête de la deuxième manche et n'était guère inquiété sur ses jeux de service. La finale perdait alors de son intensité mais quelques revers croisés de l'Espagnol cinglaient pour rappeler qu'il était bel et bien là. Ce dernier, qui sortait vainqueur de la plupart des rallies de fond de court, commençait à sérieusement faire douter son adversaire. Federer, confronté à deux balles de balles, sortait alors trois aces pour recoller (3/3). Malgré ce tour de force, c'est Nadal qui était le maître sur le court en distribuant parfaitement le jeu. En toute logique, il faisait le break au meilleur moment et revenait à sa hauteur (6/4).
Impressionnant, Nadal n'en démordait pas et restait fidèle à sa stratégie, faite de coups frappés ou slicés sur le revers adverse. Gêné et jamais vraiment dominateur dans l'échange, le Bâlois affichait une moue résignée, à l'image de sa finale à Roland Garros. Il fallait attendre le 8e jeu de la troisième manche pour le voir enfin redevenir le joueur que l'on connaît (4/4). Un jeu blanc en poche, il se remettait la tête la première dans sa tentative de break. Incapable de le réaliser, il se heurtait à un Nadal qui avait mis en place la même tactique que sur terre battue, loin derrière sa ligne et balançant des grosses gifles aux quatre coins du court. Malgré quelques soubresauts sur sa mise en jeu, le Suisse s'offrait alors un nouveau tie-break, un exercice qui le transfigurait.